Thierry et Luc, malgré un palmarès très honnête, n’ont jamais connu la victoire. Ils décident donc de persévérer ensemble 4 ans de plus jusqu’aux J.O. de Séoul. «Entre 82 et 84, nous avons navigué plus de 200 jours par an sur notre 470 !!! Cette dose était nécessaire pour arriver le plus vite possible au plus haut niveau». Aussi modifient-ils leur approche d’entraînement pour ne pas saturer, en remplaçant le travail quantitatif de la Préparation Olympique précédente par un travail plus qualitatif, axé sur des objectifs ponctuels : les championnats du Monde et d’Europe annuels. «Nous arrivons à chaque championnat quelques jours avant, avec une soif de naviguer telle que nous prenons un réel plaisir» Entre les championnats de 470 Thierry et Luc commencent à se diversifier en naviguant sur d’autres types de bateaux, autant d’expérience qu’ils acquièrent et transposent ensuite au 470. En 86, c’est le déclic : Champion d’Europe, et Champion du Monde la même année. «Entre 12 et 18 nds de vent, nous étions imbattables, avec 80 % de chance de gagner la manche, et 100 % de finir dans les trois premiers. Notre technique de conduite du bateau était parfaitement coordonnée entre Luc et moi, le bateau devenait le prolongement de nous mêmes et bondissait sur la vague au rythme de nos coups de reins au rappel». Mai 88, Thierry et Luc remportent les sélections françaises, non sans une résistance farouche de la part de l’autre équipage de l’équipe de France Brenac - Champy. Mais un mois avant de partir à Séoul, Thierry se blesse pendant le Championnat de France à La Grande Motte : un faux mouvement et c’est un lumbago, l’effet d’un coup de poignard dans le dos. Thierry est rapatrié en ambulance le 31 août dans une «coquille» sur Paris pour des examens plus approfondis. Sa sélection est fortement compromise. Les remplaçants Brenac - Champy reprennent espoir... «Ce fut une semaine d’angoisse... C’est le Médecin Fédéral, Jean Simonet, qui était le seul apte à prendre une décision aux vues de l’examen de mes lombaires. Trois semaines avant la première manche, le Doc me confirme sa confiance, mais à la moindre faiblesse, François Brenac était dans les startings blocs, prêt à me remplacer...Merci Doc, j’ai eu très peur». Lire la suite : Jeux Olympiques 88 : L’Or |