Daniel et Thierry décident de tenter leur chance ensemble en dériveur double : le 420. La vente des trois “Optimists” leur permet de s’offrir un 420 construit en Israêl, les meilleurs du marché. “Avec un dollar à 4,20 F à l’époque, ce bateau ne nous revint pas plus cher qu’un Lannaverre Français, une bonne opération car cette coque était autrement plus raide et rapide”. Les deux frangins s’entraînent tout l’hiver en baie de Royan, sortant par tous les temps, accumulant les miles et les heures, les empannages et les virements de bord, les chavirages et les redressements, Daniel à la barre, Thierry au trapèze, et le père aux jumelles depuis la plage. “Nous nous entraînions seuls et n’avions aucune autre référence que le chronomètre et le sentiment d’une manoeuvre ratée ou réussie. Quelle ne fut pas notre surprise, à notre première confrontation nationale, de remporter d’emblée la première manche à La Rochelle, devant le Champion du Monde en titre Alain Chourgnoz, et avec près de 5 mn d’avance”... L’année suivante en 1976, Pepond et Pepont comme les surnomment déjà leurs adversaires sont sacrés Champion de France et terminent 2nd du championnat d’Europe en Irlande. Détectés alors par le Directeur Technique National de la Fédération Française de Voile Philippe Grandou, les Pepons sont sollicités pour passer très vite sur le dériveur olympique 470 dans la catégorie «espoir International» de l’Equipe de France. La FFV prend alors le relai des parents, assurant un encadrement et des infrastructures de qualité. C’est leur incorporation au Bataillon de Joinville dans le cadre de leur service militaire qui permettra aux deux frères de brûler les étapes, et de sauter d’un niveau national à international. |