Lire le début : Préparation Olympique 1985-1988 Pusan est le site olympique retenu pour la voile, décentré à 500 km au sud de Séoul. “Nous ne sommes pas logés dans le village olympique avec les autres athlètes de la délégation Française, et on passe à coté de l’ambiance du village et de beaucoup d’autres choses...Les Jeux sont en effet une des rares occasions de rencontrer les athlètes d’autres disciplines... Cela aussi a un avantage, celui de rester concentré sur son propre objectif”. Et la consécration suprême, Thierry et Luc la veulent. En 84, ils étaient des Outsiders, et fuyaient la pression... En 88, les choses sont bien différentes, ils ont mûris et sont favoris. “On sait que l’on n’a pas le droit à l’erreur, parce qu’on se consacre à cet objectif depuis 4 ans, voire même 8 ans. Si on se loupe, il faut attendre 4 ans de plus pour tenter sa chance à nouveau... On peut se planter au championnat du Monde qui a lieu tous les ans, mais pas aux Jeux Olympiques, c’est le rendez vous à ne pas manquer ! C’est ça qui met la pression”. Peponnet-Pillot démarrent en trombe et prennent très vite la tête du classement général. Mais les conditions météorologiques se dégradent au fil des jours avec un typhon qui se développe au Sud de la Corée. En milieu de championnat, une houle de 3 m de creux se forme et un courant de 3 nds contraire à 25 nds de vent créée un clapot sec de 1 m qui vient s’ajouter à la houle. Les régatiers naviguent alors dans des conditions terribles, inhabituelles. “Dans cette marmite, c’est un vrai cauchemar, le 470 est incontrôlable”. Thierry et Luc chavirent sur la crête d’une vague à l’avant dernière manche, abandonnant la place d’honneur aux soviétiques. La dernière manche sera décisive. Ils leur faut terminer devant les russes pour décrocher cette médaille d’or. “J’ai pris trop de risques au départ, il y a eu un rappel individuel, nous sommes donc revenus reprendre notre départ pour ne pas être disqualifiés. A la première marque de parcours, les Russes sont 10 places devant nous. Pied au plancher, nous revenons à leur hauteur à la deuxième bouée au vent. Nous hissons tous les deux le spi en même temps et restons bord à bord au planning, plein vent arrière en sur-vitesse. Soudain, une rafale plus forte que les autres déséquilibre les Russes, qui perdent le contrôle de leur dériveur et chavirent. Luc libère le spi pour accuser cette risée violente. Nous évitons la sortie de route de justesse...”. “Sur la plus haute marche du podium, la médaille autour du cou, un bouquet de fleurs à la main, le coeur battant la chamade d’émotion et de fierté, nous regardons monter le drapeau tricolore, au rythme de la Marseillaise...”. Luc et Thierry étaient au rendez-vous. Les médias, eux ne le sont pas. Si la Voile Française ramène cette année deux superbes médailles d’Or, celles-ci n’auront pas l’écho médiatique attendu : Ben Johnson Champion Olympique au 100 mètres est contrôlé positif le même jour et c’est lui qui fera les premières pages de tous les journaux français... “A mon retour en France, plus de 100 personnes m’attendent dans le hall de l’aéroport, des fleurs pleins les bras et du bonheur plein les yeux, ça vaut bien la “Une” de “l’Equipe” ! |