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Lire le début : 1984 Le Bronze (1) “Nous n’étions pas préparés pour affronter de plein fouet une telle pression... Je n’arrivai pas à m’ôter de l’esprit que pour cette dernière manche, nous avions tout à perdre et plus rien à gagner. Cette situation psychologique m’a carrément paralysé, et j’ai pris un départ minable. Luc n’en menait pas plus large, car sur le premier virement de bord, le foc ne s’est pas choqué, le virement “foc à contre” nous fut fatal, le 470 chavira... Après avoir redressé le dériveur, 200 m après le départ nous étions dernier, nos adversaires les plus dangereux aux avants postes...”. Et voilà le seul espoir de médaille pour la voile française qui s’envole, mais il faut croire que ce bain forcé les sortit de leur torpeur : il n’y avait plus qu’une seule chose à faire, foncer... “Cette dernière manche défile encore dans ma tête comme un film en accéléré. Complètement libéré de toute pression, nous remontons un à un les concurrents, nous les dépassons avec une vitesse phénoménale, à l’image des 20 derniers mètres de Carl Lewis sur son 100 m, comme si le bateau lui-même voulait gagner sa médaille. Nous avons en ligne de mire ce bateau finlandais à la 6ème place qu’il faut absolument passer pour décrocher, ne serait-ce qu’une médaille de bronze... L’écart avec les finlandais se réduit, mais pas assez vite... Par contre, la ligne d’arrivée s’approche, bien trop vite...”. Sur le bateau spectateur, Nicolas l’entraîneur s’arrache les quelques cheveux qui lui restent, Philippe Grandou, le Directeur Technique de la FFV avale ses ongles de travers et suffoque, mais tous les deux s’écroulent de soulagement quand ils voient l’étrave du bateau français franchir la ligne d’arrivée un petit mètre devant le bateau finlandais : les français sauvent l’honneur in-extremis avec une petite médaille de bronze, la seule de la voile française. “J’ai lancé le bateau face au vent à une longueur de la ligne, Luc a donné un dernier coup de rein au trapèze, le bateau a franchi l’arrivée, comme un athlète cassant son buste sur le fil... Jamais je n’aurai imaginé pouvoir être si rapide, nous sommes vraiment passés à deux doigts de la catastrophe”. |